À propos du carafage…

C’est un sujet qui fait débat auprès des professionnels et des amateurs de vin : faut-il verser son vin en carafe avant de le servir ? La démarche exige en effet pas mal de précaution pour ne pas saboter un vin qui aurait tenu de belles promesses…

Carafage ou décantation ?

Il ne faut pas confondre le carafage et la décantation. La décantation consiste à séparer le vin des dépôts que se sont formés au fil du temps. Réservée aux vieux vins rouges, la décantation s’avère périlleuse dans bien des cas. En effet, le vin se fragilise avec le temps, et une décantation peut provoquer une sur-oxygénation brutale, qui entraînera une oxydation accélérée… et la dégradation irréversible du vin en quelques minutes. Ainsi, nombre de spécialistes recommandent de limiter la décantation à de grands vins puissants, très structurés et tanniques, généralement des Bordeaux et certains millésimes de Côtes du Rhône.
Pour la décantation, il faut utiliser une carafe longue et étroite qui limitera le contact avec l’air. Il est préférable de procéder à la décantation juste avant la dégustation.

Il existe une “méthode douce” de décantation, moins technique mais plus sûre : mettre la bouteille à la verticale un jour avant la dégustation. Les dépôts s’amoncelleront tout doucement au fond, et le vin restera à l’abri de l’air jusqu’au dernier moment.

Le carafage se situe à l’opposé de la décantation. Il s’agit en effet d’aérer un vin pour réveiller ses arômes et assouplir sa structure. Les vins jeunes, rouges ou blancs, se révéleront grâce à cette agitation qui libérera leur bouquet et leur donnera de l’ampleur. Attention tout de même, cette pratique demande une certaine prudence ! On réserve en général le carafage aux vins de moins de 10 ans. Si l’on associe spontanément le carafage aux vins rouges, les vins blancs jeunes et fruités peuvent aussi gagner à faire un petit tour en carafe. Dans tous les cas, il convient d’agir avec méthode : si un vin jeune libère des arômes dès l’ouverture de sa bouteille, il ne sera pas nécessaire de le carafer. Si, en revanche, il se présente fermé, la mise en carafe permettra de l’agiter pour qu’il exprime sa personnalité. Une carafe large à goulot refermé permettra d’optimiser le contact à l’air tout en préservant les arômes. Le carafage se fait en général une heure avant le service, à température de conservation du vin.
Enfin, il est à noter que les cépages, en vin rouge ou en vin blanc, ne supportent pas tous la mise en carafe. Le Grenache ou le Pinot Noir sont difficiles à carafer, alors que le Syrah, le Cabernet Sauvignon ou le Merlot s’en accordent mieux.

Petit truc : pour une oxygénation lente et délicate d’un vin jeune et fruité, on peut ouvrir sa bouteille la veille, servir un verre pour que l’air puisse y pénétrer et laisser le tout reposer. Le lendemain, le vin se sera aéré et aura gagné en finesse.

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